Un « quartier écologique à Limeil »

CONSTRUIRE un des premiers « quartiers durables » français: c'est la grande ambition de la mairie de Limeil-Brévannes (Val-de-Marne) pour sa friche de la Ballastière-Sud. Elle impose la prise en compte des questions d'environnement et de qualité de vie dans les opérations de construction ou de réhabilitation de bâtiment. Fin février, le maire devrait signer un accord de partenariat qui lancera ce projet inscrit dans un mouvement général ; « d'urbanisation écologique ». C'était en effet l'une des promesses électorales du conseil général du Val-de-Marne et est une préoccupation majeure de la région île-de-France qui conditionne de plus en plus ses aides à l& mise en place de démarches de haute qualité environnementale (HQE) (voir encadré).
Concepteur d'établissements scolaires ou, de santé, Claude Leclère, architecte à Paris, est un adepte de la haute qualité environnementale. « II faut cibler les opérations en sachant ce que l'on veut obtenir. Des économies de chauffage moins de pollution, récupérer l'eau. Les techniques existent depuis quinze ou vingt ans, mais l’idée commence seulement à faire son chemin. Notamment auprès des collectivités locales. » Une construction réalisée selon les règles de la haute qualité environnementale coûte 10' % plus cher, mais elle permet de réduire les coûts de fonctionnement d'environ 30 %.Claude Leclère s'est distingué en particulier dans le Val-de-Marne avec la construction d'une maison d'accueil spécialisée à Ormesson et du nouveau bâtiment du centre de rééducation fonctionnelle de Villiers-sur-Mane.
Le premier projet jugé insufFisant
A Limeil, ce quartier dit durable s'implantera dans une zone délaissée à cause d'une forte pollution des sols. [ a mairie entend faire de cet espace de 9,5 hectares taie zone d'habitat mixte qui soit e4emplaire socialement et écologiquement. La voiture n'y sera évidemment pas reine. Une grande piste cyclable devrait traverser le quartier, reliant Boissy-Saint Léger au parc départemental de la Plage-Bleue, à Valenton. Des parkings seront aménagés aux abords du quartier pour minimiser la place de l'automobile, 'Dans le même esprit, un parcours balisé, appelé ~pédibus », sera mis en place pour emmener, à pied, les enfants à récole, accompagnés par un animateur.
Autre aménagement spécifique,- selon les recommandations de l’Agence régionale de l’environnement et des nouvelles énergies (Arene) : l’évacuation des eaux de pluie par des bassins et des tranchées à ciel ouvert, qui s'intègrent dans des espaces verts. Les économies d'énergie font évidemment aussi partie des préoccupations prioritaires. Les immeubles construits, de taille modeste, seront plus « rentables » en terme d'énergie que les grands ensembIes ou les pavillons. Mais construire un quartier renouvelable ne s'improvise pas : le projet rendu par l'architecte au mois de novembre n’a ainsi pas été retenu par la mairie. Il a été jugé trop timide par rapport aux exigences écologiques d’un vrai quartier « durable ».
François-Guillaume Lemouton